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Monday, November 21, 2016

Homélie du lundi, 21 novembre 2016– Mémoire de la Présentation de la Vierge Marie

Lectures du jour: Zacharie 2:14-17; Cantique:  Luc 1:46b-47, 50-51, 52-53, 54-55; Matthieu 12: 46-50

Lundi de la 34e semaine du temps ordinaire

Cette homélie a été donnée à  la chapelle de la Maison-Mère de la Congrégation de la Mission (Lazaristes), Paris, France.

This homily was given at the Congregation of the Mission (Vincentian) Motherhouse chapel, Paris, France.

N’avons-nous pas raison de penser à la Vierge Marie comme femme appelée, comme femme avec une vocation? Aujourd’hui nous fêtons la mémoire de la Présentation de la Vierge Marie par ses parents, les saints Anne et Joachim, dans le Temple de Jérusalem. Et quand nous parlons de présentations à cette époque de nouvelles et nouveaux-nés dans le temple, nous parlons, surtout dans notre Bible, de vocation; d’appel divin.

Nous savons depuis l’Évangile de Saint Luc que, quand Jésus est présenté dans le même Temple de Jérusalem, le vieux et « juste »  Syméon le prononce appelé à provoquer « la chute et le relèvement » qui dévoilerait « les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre ».

Bien que notre Bible ne comprenne rien sur la présentation de la Vierge Marie dans le Temple (cette tradition, et notre fête d’aujourd’hui date depuis le sixième siècle après Jésus-Christ dans l’Orient chrétien), nous pouvons quand-même dire que la Vierge Marie, comme son Fils, avait dès son début une vocation provenante de Dieu. Et, bien que nos lectures d’aujourd’hui ne disent rien sur la Présentation de Marie, elles sont centrées sur le thème de vocation, de Marie et de nous tous et toutes.

Notre première lecture d’aujourd’hui nous révèle la vocation de la Vierge Marie, où le prophète Zacharie demande : « Chante et réjouis-toi, fille de Sion : voici que je viens, j’habiterai au milieu de toi ».

Mais n’est-ce pas la vocation de toutes et de tous parmi nous, non seulement de Marie depuis sa Présentation, de révéler, présenter et faire jaillir l’amour, la paix, et la joie dans notre monde du Dieu qui habite « au milieu de » nous ? Bien sûr, cela est notre vocation chrétienne aussi ! Bien que nous n’aurions pas la chance, comme a eu la Vierge Marie, d’enfanter dans ce monde le Fils de Dieu, nous partageons sa vocation également de présenter notre Dieu au monde par nos paroles et nos actions de charité. Car Jésus dit dans notre Évangile d’aujourd’hui « Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère ».

Aujourd’hui, en plus de fêter la mémoire de la Présentation de la Vierge Marie, dans ma congrégation religieuse, les Basiliens, nous fêtons l’anniversaire de notre fondation, ce qui a eu lieu en 1822 à Annonay dans l’Ardèche. La fondation des Basiliens, ou Congrégation de Saint-Basile, avait pour but de donner aux jeunes une éducation chrétienne de qualité après le tumulte de la Révolution française. Mais, encore plus, la fondation des Basiliens avait pour but de soutenir notre vocation commune de faire « la volonté de (notre) Père » célestial. C’est pourquoi nous célébrons aujourd'hui  : le fait d’avoir appelés ensemble, donnés une vocation commune pour et par Dieu d’être frères, sœurs, pères, et mères. 


Tuesday, November 8, 2016

Homélie du samedi, 5 novembre 2016– de la férie

Samedi de la 31e semaine du temps ordinaire

Lectures du jour: Philippiens 4:10-19, Psaume 112:1, 2, 5, 6, 8a-9; Luc 16:9-15

Que veut dire Jésus en nous posant la question, « Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable » ? Dans notre Évangile d’aujourd’hui, ce qui est assez difficile à comprendre et même peut-être un peu troublant pour quelques-un(e)s d’entre nous, Jésus approuve-t-il la malhonnêteté dans certaines circonstances ?

À mon avis, ce n’est pas ce que Jésus est en train de nous dire. Nous avons raison, je crois, de prendre comme le point central de cette lecture de l’Évangile de Saint Luc la conclusion de Jésus que nous ne pouvons « pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

Néanmoins, durant nos vies, nous devons sûrement nous servir de l’argent et d’autres biens matériels de notre monde. Certaines personnes vont même amasser des richesses matérielles. Ni l’argent, ni d’autres biens matériels, ni leur accumulation, ne sont forcément mauvaises. Ce qui est bon ou mauvais est de faire ou de ne pas faire de ces richesses de ce monde nos maîtres ; nos idoles ; nos dieux. Si nous mettons sincèrement nos biens, nos richesses matériels, et aussi notre intelligence, nos talents, tout ce que nous sommes et ce que nous possédons, au service du bien commun, le plus grand bien de toutes les personnes et de la création, nous agissons bien. Non pas nos richesses matériels mais Dieu, en ce cas-là, reste notre maître.

Nous servons Dieu et, à travers Dieu, le bien commun, d’où vient la notion de confiance. Quelque soit la source des richesses de ce monde, honnête ou, comme dit notre Évangile, « malhonnête », nous sommes invités à mettre ces richesses ;  à mettre tout ce que Dieu a crée, au service du bien du monde. Comme cela nous serons davantage « dignes de confiance », avec les richesses de ce monde éphémère mais aussi avec « le bien véritable » et impérissable du ciel.

Pour cela Saint Paul, dans la lecture que nous venons d’écouter de sa lettre aux Philippiens, a pu dire « je sais… être dans l’abondance… être rassasié et… souffrir la faim ». Ou bien nous avons, dans ma congrégation religieuse, les Basiliens, l’exemple d’un confrère (si je me souviens bien, il était économe de notre congrégation) qui aimait plaisanter, suivant librement Saint Paul : « J’ai été riche, et j’ai été pauvre. Être riche, c’est meilleur. » Heureusement, notre confrère, comme Saint Paul, était aussi riche et donc « digne de confiance » avec « le bien véritable » dont Jésus parle ; sinon il était au moins riche en son sens d’humour !

Être « digne » de confiance ; mettre nos richesses de ce monde au service de Dieu et du bien de tous et de toutes et non pas de faire de ces richesses matériels nos maîtres : C’est là l’invitation de Jésus a chacun(e) de nous, qui sommes baptisé(e)s disciples du Christ.

Thursday, April 28, 2016

Homélie du jeudi, 28 avril 2016– Mémoire de St. Louis-Marie Grignion de Montfort

Lectures du jour: Actes des Apôtres 15:7-21, Psaume 96:1-2a, 2b-3, 10; Jean 15:9-11

Jeudi de la 5ième semaine du temps pascal

«Demeurez dans mon amour… que votre joie soit parfaite». Quel est donc le lien entre l’amour et la joie; entre l’amour et la joie «parfaite» que Jésus désire pour nous?

Nous sommes, je crois, dans un moment opportun dans l’Église pour nous poser cette question. Il y a quelques semaines, l’Exhortation apostolique post-synodale (c’est-à dire l’exhortation du pape aux fidèles après les deux réunions des évêques et d’autres observateurs au Vatican appelées «Synode sur la famille» en 2014 et 2015) Amoris laetitia a été publié. Amoris laetitia veut dire, bien sûr, «la joie de l’amour». Et le Pape François nous dit, dans la première phrase de ce long document: «La joie de l’amour qui est vécue dans les familles est aussi la joie de l’Église».

Je pense aussi que, sans trop dévier du point central de cette phrase du Pape François, nous pouvons dire que «la joie de l’amour… vécue» à travers la vocation propre à chacun et à chacune de nous, que ce soit en famille, en la vie célibataire consacrée, en la vie religieuse, ou en la vie ordonnée, est «la joie de l’amour ». Cette « joie de l’amour» est la «joie… parfaite» de notre Évangile que Jésus veut que nous vivons. Nous sommes tous appelés à l’amour et, avec l’amour, la joie.

En revanche, nous pouvons assez facilement dire que, si, il est bien possible pour nous d’aimer; de ressentir la joie en aimant, même en cette vie limitée, terrestre, mais pas parfaitement. Nous nous sommes dit peut-être que la perfection de l’amour; de la joie nous sera possible seulement au ciel et non ici sur terre, maintenant.

Mais ceci n’est pas le message de Jésus dans notre Évangile. Comment alors pouvons-nous vivre la volonté de Jésus pour nous, «que [notre] joie soit parfaite»? La perfection de notre joie dépend de la qualité avec laquelle nous demeurons, comme Jésus dit, dans son amour; dans l’amour de Dieu, l’amour et la joie parfaites. Vivre le «commandement» de Jésus de demeurer «dans [son] amour» ne veut pas dire que nous serons toujours contents. Prenant les paroles de Saint Thomas d’Aquin dans Amoris laetitia, le Pape François nous rappelle encore la différence entre la joie et le plaisir; entre le permanent et l’éphémère. Nous retrouvons la joie et donc l’amour, même en cette vie, à mesure que nous accompagnons à notre prochain à travers toutes les étapes de la vie: Dans les temps de plaisir, bien sûr, mais aussi quand nous ressentons de l’ennui; des doutes; la solitude; des souffrances.

Selon l’une de mes prières préférées de la communauté basilienne (ma congrégation religieuse) en Colombie en Amérique du Sud, laissons-nous davantage «réjouir avec ceux qui réjouissent, et pleurer avec ceux qui pleurent». En vivant ce service; cette compassion par amour gratuit envers notre prochain, nous demeurerons de plus en plus dans la joie que nous promet Jésus; une joie «parfaite» née d’un amour parfait.