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Tuesday, November 8, 2016

Homélie du samedi, 5 novembre 2016– de la férie

Samedi de la 31e semaine du temps ordinaire

Lectures du jour: Philippiens 4:10-19, Psaume 112:1, 2, 5, 6, 8a-9; Luc 16:9-15

Que veut dire Jésus en nous posant la question, « Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable » ? Dans notre Évangile d’aujourd’hui, ce qui est assez difficile à comprendre et même peut-être un peu troublant pour quelques-un(e)s d’entre nous, Jésus approuve-t-il la malhonnêteté dans certaines circonstances ?

À mon avis, ce n’est pas ce que Jésus est en train de nous dire. Nous avons raison, je crois, de prendre comme le point central de cette lecture de l’Évangile de Saint Luc la conclusion de Jésus que nous ne pouvons « pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

Néanmoins, durant nos vies, nous devons sûrement nous servir de l’argent et d’autres biens matériels de notre monde. Certaines personnes vont même amasser des richesses matérielles. Ni l’argent, ni d’autres biens matériels, ni leur accumulation, ne sont forcément mauvaises. Ce qui est bon ou mauvais est de faire ou de ne pas faire de ces richesses de ce monde nos maîtres ; nos idoles ; nos dieux. Si nous mettons sincèrement nos biens, nos richesses matériels, et aussi notre intelligence, nos talents, tout ce que nous sommes et ce que nous possédons, au service du bien commun, le plus grand bien de toutes les personnes et de la création, nous agissons bien. Non pas nos richesses matériels mais Dieu, en ce cas-là, reste notre maître.

Nous servons Dieu et, à travers Dieu, le bien commun, d’où vient la notion de confiance. Quelque soit la source des richesses de ce monde, honnête ou, comme dit notre Évangile, « malhonnête », nous sommes invités à mettre ces richesses ;  à mettre tout ce que Dieu a crée, au service du bien du monde. Comme cela nous serons davantage « dignes de confiance », avec les richesses de ce monde éphémère mais aussi avec « le bien véritable » et impérissable du ciel.

Pour cela Saint Paul, dans la lecture que nous venons d’écouter de sa lettre aux Philippiens, a pu dire « je sais… être dans l’abondance… être rassasié et… souffrir la faim ». Ou bien nous avons, dans ma congrégation religieuse, les Basiliens, l’exemple d’un confrère (si je me souviens bien, il était économe de notre congrégation) qui aimait plaisanter, suivant librement Saint Paul : « J’ai été riche, et j’ai été pauvre. Être riche, c’est meilleur. » Heureusement, notre confrère, comme Saint Paul, était aussi riche et donc « digne de confiance » avec « le bien véritable » dont Jésus parle ; sinon il était au moins riche en son sens d’humour !

Être « digne » de confiance ; mettre nos richesses de ce monde au service de Dieu et du bien de tous et de toutes et non pas de faire de ces richesses matériels nos maîtres : C’est là l’invitation de Jésus a chacun(e) de nous, qui sommes baptisé(e)s disciples du Christ.

Thursday, June 16, 2016

Homélie du vendredi, 17 juin 2016– de la férie

vendredi de la 11ième semaine du temps ordinaire

Lectures du jour: 2 Rois 11:1-4, 9-18, 20; Psaume 131 (132): 11-12, 13-14, 17-18; Matthieu 6:19-23


Quels sont nos « trésors »? Jésus nous invite dans notre Évangile d’aujourd’hui de ne pas faire « de trésors sur la terre » mais « dans le ciel ». Que veut-il dire par cela?

Nous pouvons penser peut-être à des personnes avec qui nous nous entendons spécialement bien comme des « trésors » : nos relations familiales et de bons amis, par exemple. Je ne crois pas que Jésus veut nous priver de telles relations. En fin de compte, Jésus veut que nous nous aimions les uns les autres. L’amour que nous avons pour d’autres personnes est l’image dans notre monde de l’amour parfait de Dieu. Cet amour de Dieu vient du ciel pour habiter nos cœurs, donc, si nous aimons, nos cœurs sont bien orientés vers le ciel, où est Dieu, notre premier trésor : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ».

Nos trésors peuvent parfois être des objets; des richesses matériels. Ce ne sont pas forcément des faux trésors, bien qu’ils soient périssables. La nature, la grandeur de toute la création, même de l’argent et d’autres biens matériels, si on les utilise pour le bien du monde et avec générosité : Ceux-ci peuvent aussi être pour nous des images de la richesse et de la bonté infinies de Dieu. Ceux-ci peuvent alors nous orienter vers Dieu; vers le ciel.

« Là où est [notre] trésor » est donc plus question de priorités et d’orientation : Qu’est-ce qui ou bien qui attire nos cœurs? Pouvons-nous tous, au moins imparfaitement, répondre à cette question que Dieu; que notre Seigneur Jésus attire nos cœurs; que Dieu est notre priorité, l’orientation de chacun de nous et de notre communauté chrétienne? Si nous pouvons répondre ainsi, je crois que nous sommes sur la bonne piste.

Le problème est quand nous nous détournons de cette orientation vers Dieu et vers le ciel; quand nous donnons la priorité aux choses périssables de la terre. De cette fausse orientation viennent l’avarice, l’orgueil, la haine, un surplus de compétition au lieu de la coopération en gérant les ressources du monde pour le bien commun. Et nous connaissons les résultats de ce péché, de cette soumission à l’œuvre du Satan dans notre monde : De nombreuses guerres; des familles, des amitiés, et des communautés brisés. Nous écoutons aujourd’hui du deuxième livre des Rois la violence qui peut se produire quand nos cœurs sont mal orientés comme celui d’Athalie, soif de pouvoir. « Elle entreprit de faire périr toute la descendance royale » après la mort de son fils Ocozias, et puis elle-même a été frappée « par l’épée ».

Le week-end passé à Orlando, aux États-Unis, nous avons encore vu ce qui en résulte quand la haine; la violence; les idéologies deviennent nos armes; nos obsessions; nos dieux; nos trésors. Mais Jésus nous répond; nous invite toujours à une réorientation de nos cœurs vers le ciel, « là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler », mais là où est Dieu; là où est l’impérissable; là où est notre salut.