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Thursday, October 12, 2017

Homélie du vendredi, 29 septembre 2017– Fête des Saints Michel, Gabriel et Raphaël, Archanges

Lectures du jour: Apocalypse 12, 7-12a; Psaume 137 (138):1-2a, 2bc-3, 4-5; Jean 1: 47-51

vendredi de la 25ème semaine du temps ordinaire

Cette homélie a été donnée lors de la Messe d'ouverture (Messe d'équipe) du Weekend Retrouvaille au Centre Massabielle, Saint-Prix, France.

This homily was given during the opening (team) Mass of the Retrouvaille Weekend at Massabielle Retreat Centre, Saint-Prix, France.

Qu’est-ce qu’un ange ? Croit-on toujours en des anges dans notre religion chrétienne ? Qui sont, spécifiquement, les archanges St. Michel, St. Gabriel, et St. Raphaël, que l’on fête aujourd’hui ? Ce sont toutes des vraies questions que des gens m’ont posées dans un instant ou un autre. En réponse à ces questions, j’aimerais commencer par une histoire.

La veille de Noël passée, je présidais à la Messe près d’Edmonton, au Canada, dans la paroisse où j’ai grandi. On connaît bien, je crois, la partie de l’Évangile du soir de la veille de Noël, où « l’ange du Seigneur » apparaît aux bergers en train de « garder leurs troupeaux ». L’ange leur dit, « ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle ». Avant cela, dans le même Évangile de St. Luc, l’archange Gabriel apparaît à Zacharie, le père de Jean le Baptiste, et puis à Marie le jour de l’Annonciation. Il communique à chacun un message similaire à celui aux bergers le soir de la Nativité : « sois sans crainte ».

Après cette Messe de la veille de Noël passée, avant le renvoi des fidèles, j’ai relié d’une manière spontanée ces messages de l’ange dans le récit de l’enfance de St. Luc à notre ministère avec Retrouvaille. J’ai surtout remarqué que, dans Retrouvaille, on a des couples qu’on appelle « couples anges », qui s’occupent des besoins matériaux des participants aux Week-end et aux Post Week-end Retrouvaille. Je ne savais pas, quand je parlais après cette Messe de Noël à propos de nos « couples anges », qu’il y avait dans cette congrégation-là un couple d’une des équipes animatrices de Retrouvaille à Edmonton. Il suffit de dire qu’ils étaient bien ravis que j’eusse fait référence à Retrouvaille pendant cette Messe ! J’avais simplement dit que le mot « ange » signifie « messager » et que nous, comme l’ange de l’Évangile ou bien les couples anges de Retrouvaille, avons maintenant le rôle de messagers, proclamant leur message d’espérance à notre monde d’aujourd’hui : « ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle ».

Alors quelle est la bonne nouvelle qu’on proclame à travers ce mouvement Retrouvaille ?  On le sait bien : On rencontrera et on accompagnera au cours de ce Week-end et des Post Week-end suivants des couples qui ont peur ; des couples qui craignent avoir perdu la confiance et l’amour dans leur mariages. C’est à nous, chers frères et sœurs de l’Équipe Retrouvaille France, d’être des messagers— des « anges », d’une manière— à ces couples qu’on accompagnera au cours de ces prochaines semaines du même message que Dieu a proclamé à travers ces archanges avant de prendre chair dans notre monde : « ne craignez pas ».

Eh, bien, comment peut-on proclamer ce message de confiance, d’espérance, et de joie : « ne craignez pas » ; Dieu vient encore prendre chair dans notre monde, au sein de nos mariages ; au sein de notre Église et de ce ministère particulier qu’on appelle Retrouvaille. On pourrait penser à ce que signifie les noms des trois archanges qu’on célèbre aujourd’hui : Gabriel, « Dieu est ma force », Raphaël, « Dieu guérit », et Michel, « celui qui est comme Dieu ». Nous sommes maintenant Gabriel, Raphaël, et Michel dans notre monde et pour les couples mariés qui se trouvent en difficulté. Nous sommes aujourd’hui les messagers de Dieu qui dit à ces couples : « ne craignez pas », Dieu vous donnera sa force ; sa confiance ; son courage ; son amour pour reconstruire vos mariages. « Ne craignez pas » : Invitez Dieu à prendre chair dans vos vies et vos mariages, puisque Dieu est un Dieu de guérison et de pardon. « Ne craignez pas », vous qui êtes comme Dieu, qui a institué le mariage, signe de son règne éternel à être vécu entre une femme et un homme, crées à l’image de Dieu, pour donner la vie au monde.

« Ne craignez pas ». C’est toujours et pour toujours notre message. Dieu est amour, et nous donne une image puissante de son amour dans notre Évangile d’aujourd’hui, de St. Jean : les anges qui montent et qui descendent « au dessus du Fils de l’homme » ; les anges qui sont le lien de l’amour de Dieu entre le ciel et la terre. Chers sœurs et frères, nous sommes ces anges-là pour des personnes et des couples mariés qui auront sans doute besoin d’entendre notre message ; le message de Dieu que nous proclamons : Dieu donne la force. Dieu guérit. Nous sommes « comme Dieu », crées à l’image de Dieu. Notre Dieu est amour et nous a fait pour aimer. Alors « ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle ».

Wednesday, September 20, 2017

Homélie du vendredi, 15 septembre 2017– Mémoire de Notre-Dame des Douleurs

Lectures du jour: 1 Timothée 1, 1-2.12-14; Psaume 15(16), 1-2a.5, 7-8, 11; Jean 19, 25-27

Vendredi de la 23ème semaine du temps ordinaire

Cette homélie fut donnée à  la chapelle de la Maison-Mère de la Congrégation de la Mission (Lazaristes), Paris, France.

This homily was given at the Congregation of the Mission (Vincentian) Motherhouse chapel, Paris, France.

Celles d’entre nous qui sont mères de famille ; ceux et celles qui sont parents : Vous avez connus sans doute des moments de joie, mais aussi des moments de douleur en famille, en élevant vos enfants.

C’est maintenant le temps de l’année où les enfants rentrent à l’école. Bien qu’étant prêtre, je n’aie jamais eu d’enfants, j’ai déjà été enseignant dans des écoles. J’ai une nièce et aussi un neveu de 5 ans qui vient de commencer l’école au Canada, et j’ai plusieurs amis à travers le monde qui sont parents de jeunes enfants. À chaque début d’année scolaire, il me semble, dans n’importe quel endroit ou culture où j’ai été en ministère avec des jeunes et leurs familles, il y a toujours au moins quelques petits enfants, lors de ses premiers jours d’école, qui ont peur, qui ne veulent pas être séparés de leurs parents, qui entrent dans l’école en pleurs. Je remarque— et plusieurs de mes amis qui sont parents me l’ont dit— comment ces expériences peuvent être douloureuses pour les parents. Les mères et pères de famille ont aussi souvent de la difficulté à ne pas avoir leurs petits enfants chez eux pendant autant de temps qu’avant ; ils laissent aller leurs petits à l’école que difficilement. Cela se reproduit quelques années plus tard, quand les enfants, rendus jeunes adultes, partent de chez eux pour travailler ou pour étudier.

J’observe en étant prêtre qu’être parent, ce n’est pas facile. Pourtant, mères et pères de famille, vous n’êtes pas seuls, dans vos moments de joie ou dans vos moments de douleur ou de tristesse. Aujourd’hui on commémore la mère de notre Seigneur, Jésus Christ, notre mère et la mère de toute l’Église, Marie, sous le nom de Notre-Dame des Douleurs. Pourquoi, alors, le nom Notre-Dame des Douleurs ?

Ce nom est une reconnaissance qu’en tant que mère, Marie partage avec nous toutes nos expériences humaines ; toutes nos expériences d’Église, les joyeuses et les douloureuses. Elle a partagé avec son fils Jésus également toutes ses expériences humaines. On reconnaît officiellement sept de ces expériences ; ces événements dans la vie de Marie et de Jésus comme les « sept douleurs » : La prophétie de Syméon dans le temple qu’un glaive percerait le cœur de Marie ; la fuite de la Sainte-Famille en Égypte ; la disparition de Jésus, âgé de douze ans, dans le temple pendant trois jours ; la rencontre de Marie et de Jésus sur le chemin de la croix ; les souffrances et la mort de Jésus sur la croix ; la décente et la mise au tombeau de Jésus.

On peut imaginer, à part ces « douleurs » officiellement reconnues par la dévotion de notre Église, si on imagine bien toutes les expériences que peuvent avoir une mère— les joyeuses comme les douloureuses— toute une vie ensemble, Marie avec Jésus, où ils se sont dit continuellement : dans tes joies comme dans tes douleurs, « tu n’es pas seul. » Pourtant, c’est lors de ses derniers moments sur la croix où Jésus nous confie sa mère, qui devient alors mère de toute notre Église, de tout notre monde : « Femme, voici ton fils », et où il nous confie à sa mère.

On devient alors tous « le disciple qu’il aimait », auquel Jésus dit, « voici ta mère », qui partagera toutes vos joies ; toutes vos douleurs. Nous ne sommes jamais seuls sous la protection de notre mère.

Sunday, May 21, 2017

Homélie du lundi, 22 mai 2016– Lundi de la 6ème semaine du Temps Pascal

Ste. Rita de Cascia, mémoire facultative

Lectures du jour: Actes des Apôtres 16, 11-15; Psaume 149, 1-2, 3-4, 5-6a.9b; Jean 15, 26-16, 4a

Combien de sens en connaît-on du mot « esprit » ou des mots similaires ? On discerne au moins deux sens d’ « esprit(s) » dans nos lectures d’aujourd’hui.

Commençons par notre lecture des Actes des Apôtres, d’où on entend à propos de « Lydie, une négociante en étoffes de pourpre » que « le Seigneur lui ouvrit l’esprit ». Suite à cela, Lydie se fait baptiser, ensemble avec « tous les gens de sa maison ». Laissons-nous alors connaître quelques détails supplémentaires sur Lydie : Le fait qu’elle soit décrite comme « une négociante en étoffes de pourpre » nous suggère que Lydie était assez riche en biens matériels. Elle aurait bien pu être à l’époque la propriétaire ou de la famille propriétaire d’une assez grande maison qui servait à accueillir des assemblées pour la célébration de l’Eucharistie. En ce temps-là, on n’avait pas des églises glorieuses comme aujourd’hui, mais l’Eucharistie se célébrait souvent dans des grandes maisons des personnes riches comme Lydie. Les « étoffes de pourpre » que Lydie vendait étaient de la couleur royale ; le pourpre était alors une teinture rare et chère.

Passons quelques instants à notre Évangile. Là encore, on entend parler d’un « esprit ». Eh, bien, là Jésus, à travers St. Jean, parle de l’Esprit Saint, « le Défenseur… l’Esprit de vérité qui procède du Père », celui qui « rendra témoignage en (sa) faveur ». Si je me permets un petit recours au monde académique, le mot traduit ici en français comme « Défenseur » serait mieux traduit comme « Paraclet » à mon avis mais, si l’on sait plus ou moins bien c’est quoi (ou qui) un « défenseur », c’est quoi (ou qui) un « Paraclet » ? Cette appellation signifie littéralement quelqu’un qui nous appelle depuis notre côté. St. Jean conçoit alors l’Esprit Saint comme celui qui est toujours à côté de nous, qui nous appelle, qui nous protège et nous défend comme un(e) meilleur(e) ami(e). Bien sûr, St. Jean nous donne une image très riche de l’Esprit Saint !

Actuellement, on connaît plusieurs esprits moins saints que l’Esprit Saint, ce qui ne veut pas dire que ces autres esprits sont forcément mauvais. Entre autres, on appelle quelques boissons alcoolisées des « spiritueux ». En modération, ces boissons peuvent nous aider à nous détendre mais, en excès, ils peuvent devenir une idole, quelque chose qui prend la place de Dieu, l’Esprit Saint qui se tient à nos côtés, ou bien au moins une habitude nocive jusqu’à une addiction.

Eh, bien, revenons sur le sujet de Lydie des Actes des Apôtres, celle dont « le Seigneur lui ouvrit l’esprit ». Là, l’« esprit » dans le sens biblique était synonyme avec l’ensemble d’un être vivant. Lydie se trouve alors ouverte, éclairée intégralement quand on entend que « le Seigneur lui ouvrit l’esprit ».

On pourrait dire alors que, par son baptême, l’Esprit Saint « ouvrit l’esprit » de Lydie, et on pourrait dire la même chose de chacun et de chacune de nous : À travers notre baptême et la pratique de notre foi chrétienne, l’Esprit Saint nous ouvre l’esprit, et nous donne une richesse bien plus sublime que des « étoffes de pourpre » ou n’importe quel bien matériel.