Showing posts with label Salut. Show all posts
Showing posts with label Salut. Show all posts

Thursday, June 14, 2018

Homélie du jeudi, 14 juin 2018– de la férie

Jeudi de la 10ème semaine du temps ordinaire


Lectures du jour: 1 Rois 18, 41-46; Psaume 64 (65), 10abcd, 10e-11, 11-13; Matthieu 5, 20-26 

N’y a-t-il pas en quelque sorte une juxtaposition entre notre lecture d’aujourd’hui du premier livre des Rois et notre Évangile, de St. Matthieu ?

Dans notre Évangile, Jésus « intensifie » l’exigence du cinquième commandement du Décalogue, « tu ne commettras pas de meurtre » pour, il nous semblerait, empêcher même que la colère puisse être justifiée dans certains cas. Déjà, « si quelqu’un insulte son frère » ou sa sœur, dit Jésus, et si quelqu’un ne cherche pas à se réconcilier immédiatement avec son prochain, « il sera passible de la géhenne de feu ». C’est-à-dire que la mauvaise maitrise de notre colère peut détruire notre prochain, même si l’on ne le tue pas physiquement. La conséquence pour cette destruction par l’insulte et le manque de volonté de se réconcilier sera donc la même conséquence que pour un meurtre : « la géhenne de feu » ; l’enfer, ce qui fait appel à la vallée de Hinnom (ge’hinnom) à l’extérieur de Jérusalem, où les déchets de la ville étaient jetés à l’époque de Jésus, quelques morts étaient enterrés, et le tout se consumait par un feu perpétuel.

En contraste, dans le premier livre des Rois, on rencontre le prophète Élie, qui vient tout juste de tuer tous les prophètes de Baal et qui provoque alors la colère meurtrière de Jézabel, épouse du roi Acab d’Israël, qui chasse Élie de Jérusalem jusqu’à Beersheba en Judée. On rencontre aujourd’hui Élie à mi-chemin, sur les hauteurs du mont Carmel. Là, il nous semble en récompense pour avoir tué les prophètes de Baal et comme signe contre Acab (qu’il ne comprend pas parce qu’il a le cœur dur), Dieu met fin à une sécheresse avec une pluie longuement attendue sur Israël.

Devrait-on comprendre cette pluie rafraichissante envoyé des cieux sur Israël comme la récompense divine à Élie pour avoir massacré les prophètes de Baal ? Je dirais que cela ne serait pas vraiment une bonne interprétation de ces événements du premier livre des Rois. Pourtant, l’interprétation juste de ce passage est difficile : Dieu ne récompense pas pour la violence, pour la destruction de la vie surtout, mais Dieu hait autant (ou même plus) l’idolâtrie.

Eh, bien, voici peut-être un lien entre notre première lecture et notre Évangile : la colère en elle-même n’est pas un péché, mais une émotion. Les émotions, même celles qui sont intenses ou dites « négatives », n’ont pas de valeur morale en elles-mêmes. La valeur morale s’accorde avec notre maîtrise ou manque de maîtrise de nos émotions comme la colère.

La colère peut devenir en quelque sorte une idole, un substitut pour Dieu, si l’on ne la maîtrise pas, si cette émotion ne sert pas à nous rappeler de l’exigence de se réconcilier avec nos prochains avec qui l’on ne s’entend pas bien. Dans l’Évangile de St. Matthieu, Jésus relie cette mauvaise maîtrise de la colère, quand cela nous amène à insulter et à dénigrer notre prochain, au meurtre, un péché contre le cinquième commandement, parce qu’il est déjà d’une manière une forme d’idolâtrie : Notre colère nous dirige et devient notre dieu à la place du bon Dieu.

Notre salut dépend de notre capacité de chasser cette tentation, qui est à l’idolâtrie autant qu’à la destruction morale de notre prochain. Sinon, l’avertissement du Seigneur est assez effrayant : on risque « la géhenne de feu ».

Friday, June 8, 2018

Homélie du jeudi, 7 juin 2018– de la férie

Jeudi de la 9ème semaine du temps ordinaire


Lectures du jour: 2 Timothée 2, 8-15; Psaume 24 (25), 4-5ab, 8-9, 10.14; Marc 12, 28b-34

Cette homélie fut donnée à la paroisse St. Louis d'Antin, Paris, France 

« Bien-aimé, souviens-toi de Jésus-Christ », dit St. Paul dans sa deuxième lettre à Timothée qu’on écoute aujourd’hui. Eh, bien, que veut dire St. Paul dans le contexte de cette lettre à Timothée, et comment est-ce que ce qu’il veut dire pourrait être utile à nous, les fidèles chrétiens d’aujourd’hui ?

Notre lecture, de cette deuxième lettre de St. Paul à Timothée, se termine avec quelques conseils de St. Paul à Timothée et au peuple qu’il est en train de servir. « Voilà ce que tu dois rappeler », dit St. Paul à Timothée, « il faut bannir les querelles de mots : elles ne servent à rien, sinon à perturber ceux qui les écoutent. Toi-même, efforce-toi de te présenter devant Dieu comme quelqu’un qui a fait ses preuves, un ouvrier qui n’a pas à rougir de ce qu’il a fait et qui trace tout droit le chemin de la parole de vérité ».

Il me semble qu’en nous conseillant de nous souvenir « de Jésus-Christ » avec qui, « si nous sommes morts… nous vivrons », St. Paul fait des liens entre nos paroles, nos actions, la charité ou l’amour, et la vérité.

Dans notre Évangile, de St. Marc, en conversation avec le scribe, Jésus nous fait rappeler un message assez similaire à celui de St. Paul : On peut prétendre à aimer notre Dieu seulement si l’on aime comme soi-même notre prochain. C’est pour cela que Jésus et le scribe rejoignent les deux grands commandements de l’Ancien Testament, « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton (être) » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Cette connexion entre aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même n’aurait été rien de nouveau pour le scribe, qui connaissait et qui priait sûrement au moins deux fois par jour, le matin et le soir, comme le font les fidèles juifs toujours, la fameuse prière, « Shema, Yisraël… Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur »…

« Écoute, Israël »… Écoute, sœurs et frères, peuple de Dieu bien-aimé… Écoutons et souvenons-nous du Christ. Si on se souvient bien du Christ, on ne dira aucune vérité sans charité. Ceci est un message tellement facile, mais tellement difficile en même temps à mettre en œuvre.

Quand St. Paul dit à Timothée que, par charité, « il faut bannir les querelles de mots », je me demande, ayant été coupable occasionnellement d’avoir failli dans ce domaine moi-même, qu’aurait-dit St. Paul à notre époque des médias sociaux, qui peuvent être utiles pour, entre autres, le ministère, mais qui risquent d’exacerber un certain manque de charité à cause de l’anonymat qu’elles sous-entendent.

Se souvenir du Christ, et éviter des « querelles de mots » inutiles et indignes de chrétiens ; relier la vérité avec la charité, si je peux le dire, se repose sur un verbe important de nos lectures d’aujourd’hui : « Écoute »… « Shema, Yisraël ». Plus on écoute avant de parler (ou même de prêcher), plus on évite d’être trop brusque avec autrui. Plus alors on sera disposé à communiquer par amour de nos sœurs et frères non pas nos faux évangiles mais l’Évangile de Jésus Christ, dont on se souvient et qui nous sauve.

Monday, April 30, 2018

Homélie du lundi, 30 avril 2018– Lundi de la 5ème semaine du Temps Pascal

Mémoire facultative de St. Pie V

Lectures du jour: Actes des Apôtres 14, 5-18; Psaume 113b (115), 1-2, 3-4, 15-16; Jean 14, 21-26

Cette homélie fut donnée à la paroisse St. Louis d'Antin, Paris, France 


Comment comprend-on Dieu ? Quelles sont nos images prédominantes de Dieu ?

Le peuple de Lystres, dans notre première lecture des Actes des Apôtres, avaient leurs images préconçues de ce que c’était un dieu (ou des dieux) avant que Paul et Barnabé n’arrivent chez eux pour prêcher l’Évangile de Jésus Christ, Dieu fait homme. Ces habitants de Lystres, d’une manière, n’était pas loin de la vérité dans leurs images prédominantes du divin. Ils comprenaient bien que le divin pouvait intervenir dans ce monde, par exemple pour guérir l’homme boiteux à travers Paul et Barnabé. En revanche, ils n’avaient pas encore compris que nous, les Chrétiens, croyons en un Dieu qui a pris notre nature humaine en la personne du Fils, son Christ. Il ne s’agissait pas, alors, de faire des dieux à partir des hommes, comme les habitants de Lystres essayèrent de faire avec Paul et Barnabé, mais de Dieu qui s’était intervenu dans ce monde en devenant humain et que, maintenant, nous demande d’être sa présence sur terre. Bien qu’on ne soit pas des dieux, on est créé à l’image de Dieu pour agir à la place de et pour se conduire mutuellement vers Dieu à partir de ce monde.

Pourtant, qui parmi nous a peut-être entendu quelqu’un s’exprimer que, par exemple, le Dieu de l’Ancien Testament est souvent violent ou en colère, en contraste avec le Dieu du Nouveau Testament qui est plutôt un Dieu de miséricorde et de gentillesse ? Eh, bien, cela est l’une des plus anciennes hérésies, le Marcionisme, qui porte le nom de Marcion, un personnage important de l’Église primitive.

Bien sûr, je ne présumerais pas que des personnes qui expriment même aujourd’hui de temps en temps une version ou une autre de cette position sont intentionnellement hérétiques, mais quand même c’est une fausse notion de Dieu !

Dans les Actes des Apôtres aujourd’hui, en réponse à ceux qui voulait faire de Paul et Barnabé des dieux, ces deux apôtres relient ensemble en effet le Dieu de l’Ancien Testament, « lui qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu’ils contiennent », le Dieu dont Paul et Barnabé annoncent « la Bonne Nouvelle », et le Dieu qui a envoyé son Fils, Jésus, cette Bonne Nouvelle fait chair, sur terre parmi nous. Toutes celles-là sont les actions d’un seul Dieu.

Eh, bien, dans notre Évangile selon St. Jean, Jésus promet à ces disciples qu’il enverra l’Esprit Saint, une troisième personne de ce même Dieu unique. Quel mystère ! L’Esprit Saint sera leur, et notre, « Défenseur », qui nous « enseignera tout ». L’Esprit Saint nous permettra de reconnaître qu’on est créé dans l’image d’un seul Dieu. L’unique Dieu, qui s’est donné chair pour qu’il devienne son Fils avec une nature humaine ajoutée à sa nature divine, ajoute maintenant à notre chair son Esprit pour que nous devenions non pas Dieu, mais comme des dieux, pour notre salut et pour le salut du monde.