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Saturday, June 2, 2018

Homélie du samedi, 2 juin 2018– de la férie

Samedi de la 8ème semaine du temps ordinaire

Mémoire facultative des Sts. Marcellin et Pierre, martyrs

Lectures du jour: Jude 17, 20b-25; Psaume 62 (63), 2, 3-4, 5-6; Marc 11, 27-33


Qu’entend-on par « l’accompagnement pastoral », un moyen de former la conscience des fidèles ? Ceci demeure un thème un peu controversé chez un bon nombre de catholiques. Pourtant, c’est un thème fréquent dans les écrits officiels (ce qu’on appelle des documents magistériels, c’est-à-dire provenant du pape ; du Saint-Siège de Rome) du Pape François.

En effet, le Pape François emploie le terme « accompagnement », en se référant à la formation pastorale à la vie mariée et familiale, quatorze fois dans son exhortation apostolique Amoris laetitia, « sur l’amour dans la famille ». Une quinzième fois dans ce document, le Pape François évoque le besoin d’accompagner pastoralement les familles immigrantes. Dans Evangelii gaudium, « La joie de l’Évangile », le mot « accompagnement » apparaît dix fois, alors on peut constater l’importance de « l’accompagnement » pour ce pape.

Pourtant, que veut dire « l’accompagnement » pastoral ou de la conscience des fidèles ? Je crois qu’on peut constater que l’accompagnement pastorale, l’accompagnement des consciences, doit être conditionné à partir de la diversité des réalités présentes, morales, pastorales, doctrinales ou autrement, des fidèles.

Ce même message s’entend dans notre lecture d’aujourd’hui de la lettre de St. Jude apôtre. « Ceux qui sont hésitants, prenez-les en pitié », dit St. Jude. « D’autres, sauvez-les en les arrachant au feu ; d’autres enfin, prenez-les aussi en pitié, mais avec crainte, en détestant jusqu’au vêtement souillé par leur chair ».

Alors que le but de n’importe quel accompagnement ou activité pastorale ; le but de tout Chrétien, sœurs et frères, doit être, comme le dit St. Jude, « la vie éternelle », le chemin pour arriver à ce but peut varier largement selon le croyant et sa situation de vie actuelle. Ni notre foi, ni l’accompagnement pastoral qui doit nourrir cette foi et nous conduire jusqu’à la vie éternelle, n’est statique ni de taille unique pour tous.

Discerner quel accompagnement pastoral conduira le mieux chaque fidèle à la vie éternelle, et alors quels fidèles sont « hésitants », lesquels sont vraiment en péril du feu, lesquels ont été blessés, lesquels ne comprennent simplement pas certains enseignements de l’Église, est une tâche délicate, voire impossible sans la grâce de Dieu à la fois pour l’accompagnateur et pour les accompagnés.

Nous qui avons la vocation particulière d’accompagner les fidèles vers le salut en tant que ministres ordonnés et religieux et religieuses, nous avons besoin de vos prières pour que la grâce de Dieu nous permette de répondre à notre vocation avec la délicatesse et le discernement que cela demande. Eh, bien, nous prions aussi pour vous tous et chacun, qui nous faites confiance sur ce chemin qu’on parcourt ensemble jusqu’à la vie éternelle.

Thursday, March 9, 2017

Homélie du dimanche, 5 mars 2017

Premier dimanche de carême

Lectures du jour: Genèse 2:7-9, 3:1-7a; Psaume 50 (51): 3-4, 5-6ab, 12-13, 14, 17; Romains 5:12-19; Matthieu 4:1-11

Qu’est-ce qu’une tentation ? De quoi est Jésus tenté à la fin de ces quarante jours dans le désert dont parle notre Évangile d’aujourd’hui, de St. Matthieu ? Quelles sont parmi nos tentations les plus difficiles à surmonter ?

Il me vient souvent à l’esprit que dans trois des Évangiles, ceux des saints Matthieu, Marc et Luc, le ministère public de Jésus commence par les tentations du diable contre lui dans le désert. La tentation fait partie de notre condition humaine ; dès nos premiers ancêtres, tout être humain a été tenté. On vient d’entendre dans notre première lecture, de la Genèse, l’histoire de notre première tentation et alors de notre premier péché. Notre Seigneur Jésus Christ, qui est Dieu autant qu’homme, n’était pas préservé de la tentation. En fait les Évangélistes représentent Jésus comme plus pleinement humain, plus pleinement comme nous, en plaçant le récit de ses tentations dans le désert avant son ministère. Bien sûr, Jésus n’a jamais succombé à la tentation ; il n’a jamais péché. C’est là la seule différence entre Jésus et Marie (qui fut préservée du péché par la grâce de Dieu et non par ses propres forces) et nous : Nous avons tous péché.

On prie dans le « Notre Père », « ne nous soumets pas à la tentation ». Je trouve que c’est une prière un peu étrange : pourquoi prier notre Père de ne pas nous soumettre à la tentation ? N’est-ce pas que Dieu ne veuille pas que nous soyons tentés, que la tentation soit une réalité dans notre vie sans que Dieu ou nous cherchions à être tentés ? Bon, on ne rentrera pas dans tout un exposé théologique sur le « Notre Père » et la tentation, mais à mon avis il est peut-être utile d’interpréter cette prière, « ne nous soumets pas à la tentation », comme si on priait notre Père de pas nous laisser seul, sans lui, face à la tentation. Nous connaissons nos faiblesses. Nous reconnaissons que nous sommes pêcheurs et que nous ne pouvons pas surmonter nos tentations les plus difficiles sans Dieu.

Alors quelles sont nos tentations les plus difficiles à surmonter ? Suivant les tentations de Jésus, peut-être que parmi nos tentations les plus fortes et difficiles à surmonter, on retrouve celle du pouvoir. Le pouvoir a plusieurs formes : la force physique, l’autonomie de prendre des décisions, le pouvoir politique, le fait d’être parent, ce qui nous donne du pouvoir sur nos enfants, ou le fait d’être ministre ou prêtre dans l’Église, une position de pouvoir certainement… On conçoit même Dieu comme puissant, quelqu’un avec pouvoir. Le pouvoir n’a aucune valeur morale en lui-même. Il est un peu comme nos émotions, en elles-mêmes ni bonnes ni mauvaises, mais qu’on est invité à bien maîtriser, sinon on peut blesser d’autres personnes et/ou nous-mêmes et/ou notre relation avec Dieu.

Les tentations contre Jésus dans notre Évangile d’aujourd’hui sont toutes, d’une manière, centrées sur notre gestion du pouvoir. Imagine qu’on soit dans un désert sous une chaleur étouffante. Ça fait depuis quarante jours qu’on n’a pas mangé, alors on ressent une faim avec une intensité de onze sur dix... Ou bien qu’on soit à la fin d’un Week-end Retrouvaille. Les casse-croûtes étaient à peine suffisantes pour nous soutenir, telle était l’intensité du travail pendant le Week-end. Malgré le meilleur effort de l’équipe Retrouvaille de nous fournir des casse-croûtes, des provisions de pharmacie et d’autres besoins, nous avons faim et nous sommes fatigués.

C’est là où vient sur scène le diable pour nous tenter comme il a tenté Jésus : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains ». Il faut dire que le diable est intelligent. Ça aurait été pour Jésus une très bonne idée, au lieu de jeûner pendant quarante jours, jusqu’à ce qu’il soit au bout de ces forces, de transformer les pierres autour de lui en pains. Le Fils de Dieu aurait certainement eu assez de pouvoir pour le faire. Durant l’exode sous Moïse, ce même Dieu avait fait tomber de la manne dans le désert pour son peuple, mais non, ici Jésus met en priorité la parole de Dieu au delà de ses propres besoins corporels et son pouvoir de se soutenir lui-même : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».

Cela pourrait-elle être une invitation à nous laisser éclairer et renforcer, surtout dans nos mariages et nos familles, par la parole de Dieu ? Cela pourrait-elle être une invitation, quand on suivra le parcours Retrouvaille au cours de ces prochaines semaines, de commencer toute communication avec une petite prière ou au moins de vous dire par exprès que vous vous aimez et que vous voulez le mieux l’un pour l’autre. Laissez entrer dans vos vies davantage la parole de Dieu, la volonté de Dieu que vos mariages réussissent, la parole de Dieu qui nous appelle à la confiance et à la réconciliation.

Cependant (je suis désolé ici si ce que je dirai vous semblera sombre ; je ne veut pas que ce soit décourageant), la tentation de ne pas se laisser guider par la parole de Dieu, surtout dans nos couples et nos familles, ne sera pas la seule tentation à laquelle on devra faire face. Si jamais on pense d’avoir conquis nos pires difficultés et mêmes démons dans nos mariages, ce qui peut se passer après quelques semaines, mois, ou années quand on a eu des succès avec le parcours que Retrouvaille propose ; si jamais on se croit, figurativement, être au sommet du Temple, c’est là que le diable va nous tenter de nouveau : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et ils te porteront sur leurs mains ».

Voilà une tentation sournoise : « Si tu es Fils de Dieu »… On est loin d’être le Fils de Dieu d’une part (de l’autre part, on est tous fils et filles de Dieu) alors, je répète, on ne peut pas surmonter la tentation sans Dieu. Même Jésus, le Fils de Dieu qui aurait pu vaincre le diable et ses tentations tout seul s’il l’avait voulu, « fut conduit au désert par l’Esprit » et, après avoir été tenté, fut accompagné et servi par des anges. Alors Jésus, notre Seigneur et vainqueur du diable, de la tentation, et du péché, nous invite d’avoir confiance en son pouvoir et non seulement en le nôtre. Si on a confiance en Jésus lors des plus petites tentations, on vaincra plus probablement les plus grandes. Bien que Dieu est toujours à notre disposition, et qu’il n’ait pas de péché trop grand à pardonner, une famille ou un couple confiant en l’accompagnement de notre Dieu, et non seulement lors des grandes crises mais longtemps avant ; un couple ou une famille qui consacre même un peu de temps (quelques minutes par jour) à la prière ensemble pourra mieux répondre au diable et à ses tentations comme Jésus lui a répondu : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ».

Si on arrive à surmonter ces premiers types de tentations de l’égoïsme, à une mentalité du « je peux m’en sortir sans Dieu », on aura souvent à faire face à un troisième type de tentation, symbolisé par la troisième tentation de Jésus dans notre Évangile, au sommet d’une montagne, d’être propriétaire de tous les royaumes du monde : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi ». Cette troisième tentation est vers une certaine forme d’idolâtrie, que ce soit le culte de l’état, de l’argent, ou d’autres sources de pouvoir de ce monde. Encore, je dis, le pouvoir n’est pas mauvais en lui-même, si on le subordonne à Dieu. Mais finalement, à mon avis, Jésus nous rappelle de faire attention de ne pas trop valoriser des richesses ou aduler des personnages publics qui n’ont peut-être pas au cœur nos biens les plus importants, et qui ne comprennent souvent pas surtout le mariage comme Dieu nous invite à le comprendre : l’union permanente d’un homme et d’une femme qui se reflètent l’amour de Dieu, qui se donnent la vie et qui donnent la vie au monde.

Demandons alors l’aide de notre Seigneur Jésus pour que nous puissions dire avec lui ensemble, au sein de nos couples mariés, de nos familles : « Arrière, Satan ! Car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte ». C’est le Seigneur, lui seul, qui nous accompagne lors de la tentation, qui nous laissera jamais seul face à nos tentations et nos crises, qui fortifie nos mariages, signe sacramentelle de l’amour sans condition de Dieu pour nous. C’est enfin notre Dieu seul, à travers nous, l’Église, qui nous pardonne nos péchés et qui nous conduit à la vie éternelle.

Homélie du vendredi, 3 mars 2017– de la férie

Vendredi après les cendres

Lectures du jour: Isaïe 58:1-9a; Psaume 50 (51): 3-4, 5-6ab, 18-19;  Matthieu 9:14-15

« Cherchez le bien, non le mal, afin de vivre. Ainsi le Seigneur sera avec vous ». Notre acclamation de l’Évangile d’aujourd’hui, tirée du livre du prophète Amos, ne dirige-t-elle pas notre attention vers un objet clef du mouvement Retrouvaille ?

Mes frères et sœurs, ne sommes-nous pas ici à chercher « le bien » et, si on répond « oui », comment ? J’aimerais proposer deux manières d’interpréter ce que veut dire chercher « le bien » et là essayer de lier ces (au moins) deux interprétations possibles à nos lectures d’aujourd’hui et à notre ministère Retrouvaille.

Ne peut-on pas comprendre chercher « le bien » dans le sens de chercher à faire le bien ? Je crois que c’est ça le sens de chercher « le bien » qui est souligné surtout par le prophète Isaïe dans notre première lecture d’aujourd’hui. Chercher le bien, faire le bien, ce n’est pas la responsabilité des autres mais de chacun et de chacune de nous. Nous ne pouvons rester qu’émerveillés par les grands prophètes et les grands saints de l’histoire ; nous sommes appelés à être prophètes et saints nous-mêmes.

Eh, bien ! Il ne nous suffit pas d’être saints de façon superficielle. On vient de commencer, mercredi passé, ce temps de Carême où, dans quelques sens, on privilège des signes visibles de cette période pénitentielle ; cette période de commémoration de notre Seigneur Jésus Christ qui s’est soumis à nos faims, nos « déserts » et, finalement, notre mort, une mort sur une croix, afin que nous puissions vivre la vie éternelle ; être saints. En ce temps de Carême, on se met des cendres au front. On met plus d’attention sur la prière, le jeûne, l’abstinence de la viande au moins les vendredis et le mercredi des cendres, des actes de charité envers ceux qui en ont le plus besoin, et d’autres pratiques spirituelles. Cependant, si l’on ne fait ces actions que pour être plus visibles, à quoi sert notre prière, notre jeûne, notre abstinence de certains aliments, nos actes de charité, notre ministère ici de Retrouvaille avec des couples en situations de crise ?

C’est au fond cette question que pose le prophète Isaïe dans notre lecture d’aujourd’hui et, bien, que pose tous les prophètes d’une certaine manière. Les prophètes avaient une réputation d’être sévères. Ils étaient reconnus comme les dénonciateurs des maux et des péchés du peuple d’Israël, et Isaïe, qu’on vient d’entendre, suit cette réputation. En revanche, le but des prophètes était toujours d’apporter de l’espoir au peuple, ce qu’Isaïe fait également très bien. Isaïe emploie des images vives pour apporter de l’espoir au peuple que, si non seulement ils faisaient le bien, mais s’ils le faisait pour la gloire de Dieu et non pour des motivations égoïstes, Dieu les récompenserait. Dieu les accompagnerait jusqu’à ce qu’ils se rétablissent dans la terre sainte que Dieu leur avait donné. Pour apporter de l’espoir à son peuple, Isaïe prend en compte aussi la mémoire d’Israël de Dieu qui nous a accompagné depuis notre création. On pourrait peut-être imaginer la sensation physique que ressentait les Israélites en écoutant Isaïe, comme celle d’être en belle promenade sous un ciel clair et un soleil bien chaud. Alors peut-être on pourrait imaginer Isaïe comme un maître de notre méthode P.I.M.,* bien sûr avant que cette méthode ou Retrouvaille existent. Isaïe voulait que son peuple et que nous vivions la sensation, les images, et la mémoire de l’espoir et du bien.

Eh, alors, si Isaïe essaye de convaincre son peuple de chercher le bien en le faisant, dans notre Évangile Jésus nous conseille de vouloir reconnaître le bien des autres. Sinon on retombe facilement dans des pratiques spirituelles superficielles. Les pharisiens avaient l’apparence de bien vivre leur foi. Ils jeûnaient, tandis que les disciples de Jésus ne jeûnaient pas. Mais ce sont en fait les disciples de Jésus qui s’étaient laissés pénétrer au fond par la présence de Jésus. C’est aux autres, les pharisiens et « les disciples de Jean le Baptiste », à reconnaître le bien qui a lieu dans la fête que font les disciples de Jésus en la présence de « l’Époux » (quelle belle image conjugale, importante pour nous dans Retrouvaille !), en présence de leur salut.

Nous aussi, nous commençons ce week-end Retrouvaille en fêtant la présence de notre Seigneur, notre salut, parmi nous dans l’Eucharistie. Nous cherchons et nous reconnaissons dans cette célébration notre « bien », et nous aurons tout ce temps de Carême pour chercher le bien en le faisant, par nos actions de justice et de charité et par nos diverses disciplines spirituelles et pénitentielles. On jeûnera durant ce temps de carême, mais maintenant continuons notre fête Eucharistique. De toute manière, cherchons « le bien, afin de vivre » !

*Le P.I.M. de Retrouvaille est un méthode de communication des sentiments basé sur la sensation physique, l'image, et le souvenir (anglais, « memory ») évoqués par nos sentiments ou émotions.

Saturday, February 25, 2017

Homélie du samedi, 25 février 2017– de la férie

Samedi de la 7ème semaine du temps ordinaire

Lectures du jour: Ben Sira le Sage 17:1-15; Psaume 102 (103):13-14, 15-16, 17-18a; Marc 10:13-16

Comment caractériseront-nous les enfants ? Deux des premiers mots qui me viennent à l’esprit quand je pense aux enfants sont (très en général) innocents et vulnérables. N’est-il pas juste de penser aux enfants comme des personnes qui mettent nécessairement beaucoup de confiance en ceux qui leur en prennent soin : leurs parents, leurs enseignants à l’école peut-être, et même Dieu ?

C’est probable que c’est cette image d’innocence, de vulnérabilité et de confiance que Jésus a dans l’esprit quand il invite les enfants à venir à lui et les bénit, malgré l’opposition de ses disciples : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent ».

À un certain moment dans la vie, n’est-ce pas assez naturel pour la plupart d’entre nous, de laisser derrière nous l’innocence et la confiance dans les autorités qui marquent notre enfance ? Cela ne commence-t-il pas souvent à se passer dans une période pendant laquelle on est particulièrement vulnérables, c’est-à-dire l’adolescence ? Eh, bien, malgré notre vulnérabilité à cet âge-là, on peut commencer à se croire presque invincibles ! Je dis encore : cela est une étape très commune et naturelle dans la vie ; je ne dis pas tout ceci pour critiquer !

Cependant, à travers nos lectures d’aujourd’hui, Jésus et Ben Sira le Sage nous invitent de nous faire encore, d’une manière, comme des enfants, de nous vider de tout orgueil qui nous tente de croire que nous sommes autosuffisants. En vérité, et on le sait, on n’y peut rien sans Dieu. On n’aurait ni de vie, ni de chance à la vie éternelle, sans Dieu. L’appel de Jésus à nous, comme à ces premiers disciples, est assez radical : non seulement de ne pas faire obstacle aux enfants qui cherchent à venir à lui mais, nous aussi, de devenir comme ces enfants qui ont toute confiance en la bénédiction, en la vie maintenant et pour toujours qui nous donne le Seigneur et que nous n’aurions pas sans lui.

Le message de Ben Sira le Sage est similaire à celui de Jésus. Ben Sira le Sage nous rappelle le bien fondamental de notre création. Dieu nous à crée « à son image », avec la capacité du « jugement, une langue, des yeux, des oreilles, et un cœur pour réfléchir… de savoir et d’intelligence et la connaissance du bien et (du) mal ». En revanche, nous savons aussi que nous ne sommes pas des créatures infinies, que Dieu seul est infini. Nous avons été tirés « de la terre » et nous retournerons « à la terre ».

Qu’il est merveilleux, ce paradoxe de notre existence ! Nous sommes sublimement bons, crées à l’image de Dieu, mais en même temps notre vie est dépendante de notre créateur. On est alors invité à ne pas faire obstacle à ceux qui cherchent Dieu, qui cherchent enfin la vie éternelle, mais aussi de nous unir à ces personnes qui cherchent Dieu et son don de la vie éternelle ; à avoir la confiance des enfants en notre Dieu ; à nous vider de notre orgueil et de nos fausses croyances d’autosuffisance. C’est à ces innocents, vulnérables, et confiants enfants « le royaume de Dieu », et à tous d’entre nous « qui leur ressemblent ».