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Tuesday, February 14, 2017

Homélie du lundi, 13 février 2017– de la férie

Lundi de la 6ème semaine du temps ordinaire

Lectures du jour: Genèse 4:1-15, 25; Psaume 49 (50):1, 5a, 7ac-8, 16bc-17, 20-21abc; Marc 8:11-13

Que peut-on dire à propos de la honte ? C’est un sentiment fort, la honte. Je ne sais pas si, dans notre société, on connaît la honte de même que dans certaines sociétés d’autrefois (surtout de l’époque biblique) et quelques sociétés d’aujourd’hui dans lesquelles notre honneur vient du respect des normes sociales, mais on peut être ostracisés, couverts de honte si jamais on agit contre ces normes.

On reconnaît peut-être aujourd’hui une forme de honte. Y a-t-il parmi nous quelques (ou plusieurs) personnes qui ont déjà ressenti la honte pour un péché qu’on a commis ? Cette honte nous ronge intérieurement. On se sent peut-être indigne de la miséricorde de Dieu ; de recevoir les sacrements : la communion ou même la réconciliation. De cette manière, la honte peut nous faire obstacle à une relation plus forte avec Dieu. Il nous faut souvent, je crois, l’invitation qui nous a exprimé déjà plusieurs fois le Pape François : « Dieu ne se lasse jamais de nous pardonner. Ce sont nous qui nous lassons de demander pardon ».

C’est cette honte, le fait de se lasser de demander le pardon, qui est la situation de Caïn dans notre lecture aujourd’hui de la Genèse après qu’il tue son frère Abel et qu’il se rend compte du tort qu’il a fait. Bien sûr, Caïn vit et maîtrise mal plusieurs émotions, avant et après son meurtre d’Abel. Caïn est jaloux que Dieu accepte le don d’Abel et non son don de ces récoltes. Cette jalousie lui amène à tuer son frère et, après avoir tué Abel, Caïn ne ressent ni immédatement la honte ni la tristesse.

Seulement après que Dieu le convainc de la gravité de son péché, Caïn commence à ressentir la honte. Nous venons d’écouter ce qu’il dit à Dieu à ce point : « Je dois me cacher loin de toi ». Caïn veut se cacher de Dieu parce qu’il a honte, mais là Dieu lui fait preuve de son pardon et de son soin par amour pour lui. L’amour de Dieu, pour Caïn comme pour nous, ne s’éfface pas par notre péché, peu importe sa gravité.

Comme Dieu fait avec Caïn, il le convainc de son péché non pour qu’il demeure dans la honte, mais pour qu’il puisse ressentir la tristesse pour son péché. Nos péchés et le péché du monde nous attristent quand nous y sommes conscients parce que notre conscience nous rappelle de la distance entre nous, en état de péché, et Dieu. En revanche cette tristesse, et non la honte, peut nous conduire au pardon.

À mon avis, c’est ce que Dieu apprend à Caïn, quand il lui répond, « Si quelqu’un tue Caïn, Caïn sera vengé sept fois ». N’ayez pas peur, dit notre Dieu. Même s’il faut que nous vivions avec les effets de nos péchés dans ce monde, nous sommes pardonnés, protégés, aimés. Autrement dit, « Dieu ne se lasse jamais de nous pardonner ». C’est à nous de ne pas nous lasser, ne pas nous abandonner à la honte, et de demander le pardon que Dieu nous offre gratuitement par amour.

Wednesday, May 11, 2016

Homélie du mercredi, 11 mai 2016– Mercredi de la 7ième semaine du temps pascal

Lectures du jour: Actes des Apôtres 20:28-38, Psaume 68:29-30, 33-35a, 35bc-36ab; Jean 17:11b-19


Comment pouvons-nous comprendre ce qui est peut-être la plus grande tension dans nos lectures d’aujourd’hui : La tension d’être « dans le monde » et même de vivre et de réaliser notre ministère chrétien dans une petite partie du monde, mais sans, comme on dit, d’appartenir au monde?

Le livre des Actes des Apôtres nous donne l’exemple de Saint Paul, qui se prépare à quitter Éphèse pour n’y jamais revenir. Les chrétiens d’Éphèse sont attristés qu’ils ne verront pas encore « le visage » de Paul, qui avait sans doute réjoui d’une ministère fructueuse et de fortes amitiés parmi les Éphésiens. Ceux et celles parmi nous qui ont du déménager d’un endroit; d’une ministère à un autre comprennent peut-être mieux la tristesse entre Saint Paul et les Éphésiens. Moi aussi, j’ai du déjà quelques fois déménager d’une ministère; d’un apostolat de ma congrégation religieuse à un autre. Ces occasions de quitter des endroits et des personnes que j’aime ont toujours été des mélanges de joie et de tristesse. Mais, contrairement à Saint Paul, j’ai eu et j’aurai, et peut-être nous avons eu la chance de revenir visiter ou de travailler dans des endroits où nous servions avant.

Saint Paul, par contre, se prépare non seulement de quitter Éphèse, mais il se prépare à mourir; à un mort de martyr. Il quittera définitivement non seulement Éphèse mais il quittera ce monde pour le ciel.

Dans notre Évangile d’aujourd’hui de Saint Jean, Jésus aussi se prépare et prépare ses disciples pour sa passion, sa mort, sa résurrection, et son ascension que nous venons de célébrer il y a quelques jours. Bien sûr les disciples de Jésus, comme les Éphésiens écoutant le discours d’adieu de Saint Paul, sont attristés. Mais comment Jésus prépare-t-il ses disciples pour sa mort et son départ au ciel? Il leur prépare en priant pour eux, non qu’ils soient uniformes mais « qu’ils soient un » comme le Père, le Fils, et le Saint Esprit en sont un. Jésus prie que ses disciples soient; que nous soyons sanctifiés « dans la vérité »; dans la parole de Dieu qui est l’ultime vérité.

Et Jésus ne prie surtout pas que ces disciples soient retirés prématurément « du monde ».  Leur temps et notre temps viendra quand nous veillerons sur et nous prierons pour ce monde du ciel. Notre appel sera un jour de rejoindre à notre Seigneur Jésus en sanctifiant ce monde « en la vérité ». Notre appel sera un jour de le rejoindre plus amplement dans son projet de sauver le monde que, selon l’Évangile de Saint Jean, Dieu « a tant aimé ».

Pour l’instant, Jésus notre Dieu nous laisse dans ce monde. Ici nous aurons a vivre un mélange de joie et de tristesse; de bien et de mal; de succès et de faillite dans notre ministère chrétienne; à vivre dans un endroit et devoir laisser derrière nous des apostolats et des amis, pour qu’un jour nous puissions accéder ensemble à la plénitude de la promesse de Dieu, notre salut. Ensemble nous sommes « dans le monde » même si nous n’appartenons « pas au monde ». Ensemble nous prions que nous soyons tous « un », pour le bien de ce monde que Dieu aime tant et veut tant sauver.